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Une analyse critique de films, livres, opéras et expositions de peinture

Fernand Khnopff (1858-1921) Le maître de l'énigme, au Petit Palais II PAYSAGES

          Vous l'aurez compris, même si je ne conteste pas l'élégance du trait de Fernand Khnopff, ni la délicatesse de sa palette, il y a chez lui quelque chose qui me dérange. Cette obsession d'une femme éthérée, lointaine, mais vide.... me gêne. Dans ses quelques nus, les corps sont floutés, brouillardeux, sans sensualité. Il n'y a guère que madame Sphinx (toujours Marguerite!) pour avoir un visage ironique et expressif...

           Une chose saute aux yeux: les visages qu'il nous donne à voir sont exactement les mêmes que ceux de Klimt! C'est le goût du temps.... Mais les femmes de Klimt sont des fortes, des dominatrices, des rouées. C'est la même chose..... et complètement différent.

         Khnopff a aussi peint des paysages; ceux de sa ville natale, Bruges; ceux de Fosset, dans les Ardennes belges où sa famille avait une propriété. Il utilise des couleurs plutôt sombres. Emile Verhaeren, qui devait constater que son ami dérivait dans l'irréel, l'encourageait à continuer ".... nous espérons qu'il ne l'abandonnera jamais, surtout aujourd'hui qu'il s'enfonce dans le grand rêve. La nature doit lui servir de rappel à la réalité, sinon il est à craindre qu'il ne fasse un oeuvre incomplet"

          A gauche, en haut: A Fosset. Un soir (1886). On retrouve la dépersonnalisation de ces deux femmes en noir. Figées, elles ne nous montrent pas leurs visages...
          Au centre: L'eau immobile (1894)
          Plus tard, il va peindre Bruges; là encore, il a une palette sombre, dans les gris. A gauche, A Bruges. Le lac d'amour (1904) est dessiné à la craie noire.
           En dessous, c'est le pont qui monte au béguinage: Khnopff a dessiné le frontispice du livre de Rodenbach, Bruges-la-Morte
           L'artiste vivait avec son père. A la mort de celui ci, il se fait construire une maison Art nouveau, un sanctuaire délirant, du coté du Bois de la Cambre, où il s'enferme, voyant peu de monde. Dans l'entrée il y avait un paon.... qui a inspiré Hans Op De Beeck pour cette Peacock Vanitas (2015) où l'oiseau empaillé, symbole de la vanité, répond à un crâne... Cette oeuvre ne représente t-elle pas assez bien l'univers bizarre et tourmenté de Khnopff?

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