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Une analyse critique de films, livres, opéras et expositions de peinture

Jean Jacques Lequeu (1757-1826) Bâtisseur de fantasmes, au Petit Palais

       

      Comme agité du bocal, celui ci, il se pose là... Inutile de dire que je n'en avais jamais entendu parler et que, sans l'expo Khnopff, je ne me serais pas dérangée! Et pourtant, quel dessinateur!          

      Jean-Jacques Lequeu est le fils d'un maître menuisier, il apprend le dessin dans sa ville natale de Rouen, l'Académie lui décerne deux prix et une bourse qui lui permet de partir vers la capitale, où il intègre le bureau de Jacques-Germain Soufflot et est admis comme élève à l'Académie royale d'architecture.

 

Son protecteur meurt: il ne poursuit pas ses études et travaille pour le neveu de Soufflot, en charge de réaliser des esquisses (pour l'hôtel de Montholon par exemple). Il commence en même temps à composer une suite de planches qui deviendra son œuvre principaleL'Architecture civile.

      Arrive  la Révolution: plus de commandes aristocratiques!  Il travaille dans l'un des ateliers publics du faubourg Saint-Antoine, puis  au bureau du Cadastre, enfin en 1802 au bureau des bâtiments civils du ministère de l’Intérieur tout en continuant à produire pour lui-même quantité de dessins. En 1825, avant de mourir, il donne ses dessins à la Bibliothèque Royale, où elles sont oubliées pendant un siècle et demi.  

     Révolutionnaire? On ne sait pas s'il l'était vraiment, ou s'il ne l'a été que de circonstances.  Sans doute, comme tant d'autres artisans, a t-il cru à l'émancipation apportée par la Révolution. Puis, déchanté....

       Il se disait architecte? Il ne l'a en fait jamais été. Petit employé de bureau, il va vécu en solitaire au milieu de ses fantasmes; dessinateur hors du commun, il a créé un monde imaginaire peuplé de bâtiments souvent délirants: fabriques, temples, grottes, installations souterraines.... que la précision de la description (tout est soigneusement chiffré, lettré...) rendrait presque réaliste! Toute une vie à poursuivre la même chimère....

     Tout aussi singuliers, ses portraits grotesques. Sous la Révolution, voila une religieuse qui montre ses seins en disant: et nous aussi nous serons mères, car… Carrément pornographiques, d'autres dessins sont présentés dans une alcôve à part, déconseillée aux personnes sensibles (mieux vaudrait dire interdite aux enfants...).... Je n'en donnerai pas ici, censure oblige, je vous laisse imaginer  par exemple la comparaison entre l'orifice d'une jeune vierge..... et celui d'une femme ayant fait la vie.... à côté d'un phimosis des plus mal parti....

      Que choisir parmi cette centaine de dessins? Aucune idée. Alors, je les livre en vrac, toujours de gauche à droite et de bas en haut:
       En haut à gauche, sous cette colline, c'est une Ménagerie (
Ménagerie des transformations.
       En face, cette porte en branches mortes donnerait accès au "
Pavillon de Bellevue

     En dessous , le "Bosquet des soupirs" d'une maison de plaisance
       Je saute deux étapes (de toutes façons c'est incompréhensible) pour arriver à la grande image, à droite, ma préférée: la
Laiterie, avec sa gigantesque étable.... en forme de vache!
       A gauche:
la Salle à manger de la maison gothique et le salon de la maison chinoise

       A droite, un Aqueduc pour conduire l'eau à la Sainte Cité
 

      La petite grotte du souterrain du désert à droite
      Les deux suivantes sont relatives à des épreuves maçonniques, il y a un puits profond, ça fait peur....
      Je termine par le
Projet de monument pour la maison de campagne de Gaspard de Prony à Asnières. A Asnières, il y a toujours une rue de Prony...
      J'espère vous avoir convaincu que, dans le genre, ces dessins sont exceptionnels. Il faudrait avoir le temps de s'y attarder: en même temps, pour les non-spécialistes c'est vite lassant...

Jusqu'au 31 mars
       

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