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Une analyse critique de films, livres, opéras et expositions de peinture

GIUSEPPE PENONE à la BnF 1

            Pour moi deux artistes contemporains sauvent le début d’un vingt et unième siècle parasité par des escrocs encouragés par les marchands d’art cupides et de pseudo collectionneurs : Anselm Kiefer et Giuseppe Penone (ce qui ne veut pas dire que je n’estime pas d’autres peintres !). Parce qu’ils ont, l’un comme l’autre, quelque chose de viscéral à nous dire.

            Penone, ce qu'il dit, c’est que nous faisons partie de la nature. Que nous en sommes une partie, comme un arbre est une partie de la forêt. Que nous oublions trop souvent que nous avons cinq sens pour l’appréhender, cette nature. Au pire, nous nous contentons de la regarder. Déjà mieux : nous la respirons. Parfois, nous l’écoutons quand le vent se lève. Quand la touchons nous, vraiment ? 

           La BNF nous promène autour de deux œuvres récentes –et magistrales- au milieu de presque cinquante ans de création. Pour l’occasion, Penone a créé Pensieri e linfo, (Sève et pensée), le frottage du tronc d’un acacia de 30 mètres sur une toile de lin: en haut, à droite et à gauche. Tout autour, l’artiste a écrit. Le frottage s’est effectué en 2017 et l’écriture en 2018. C’est l’ultime étape d’un travail sur le thème des Verde del Bosco  (Vert du bois).

          Celui-ci, à gauche,  date de 1980, début de la série : On prend les feuilles, on frotte le tissu qui est posé sur une branche, et on a vraiment la sensation d’un bois, d’une forêt, c’est presque une image automatique, c’est magique. Au milieu, on imagine un arbre-homme…

            Né en 1947 dans une famille de paysans piémontais, Giuseppe Penone étudie aux Beaux Arts de Turin. On le classifie :Arte Povera. Il associe son corps, ses doigts, ses empreintes digitales, ses yeux (photos où il apparait presque effrayant, comme un paysan des Abruzzes à demi ours…) à toutes sortes de matériaux,  arbres mais aussi pierres. On n’a pas oublié sa magistrale exposition dans les jardins de Versailles, en 2013.

           Quelques dessins à l'encre de Chine plus anciens: à gauche,  Progetto per bosco di libri cunei, (Projet pour une forêt de livres coins), 1968.

          A droite, Gli alberi dei travi, (Les arbres des poutres), 1970

            A gauche, Avvolto du un fastello di sogni, (Enveloppé dans un essaim de rêves), 1999 

                   A droite, Pelle di foglie -151 nomi d'albergo (Peau de feuilles 151 noms d'arbres),  1999 

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