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Une analyse critique de films, livres, opéras et expositions de peinture

MEIJI, SPLENDEURS DU JAPON IMPERIAL AU MUSEE GUIMET. II NAMIKAWA SOSUKE et KAWANABE KYOSAI

         

        Le shintoïsme était devenu la seule religion officielle avec le retour de l'Empereur Meiji. Susanoo, dieu de la mer et des tempêtes, que nous avons vu dans le blog précédent, était le frère d'Amaterasu, déesse du soleil, d'où dérive la lignée. Bon, c'était en quelque sorte le grand-tonton de l'Empereur.... Pendant des siècles, bouddhisme et shintoïsme avaient tranquillement cohabité, et de nombreux japonais restaient attachés au bouddhisme, malgré une répression entraînant la destruction des temples. De plus, pour les collectionneurs français, comme Emile Guimet, c'est bien le bouddhisme qui est représentatif de l'Asie, et les artistes japonais continuent donc à produire dans ce sens...

       A gauche, Le bodhisattva Hotei (1893) de Kawade Shibataro. Admirez l'originalité de cette composition, avec la ligne du parchemin qui descend du ventre dodu du vieux sage, jusqu'au petit disciple, tout en dessous....    

        Cette pièce est de facture originale, puisque ce sont des émaux cloisonnés sur métal, technique habituellement appliquée à la céramique.

      Même technique pour ces poétiques Cerisiers en fleur à Yoshino (1895) de Namikawa Sosuke, à droite, primés à l'exposition nationale de Kyoto.      

      Sosuke jouit d'une belle réputation, et bénéficie de commandes impériales. C'est une tradition japonaise que de faire des cadeaux... objets d'arts ornés du chrysanthème impérial à 16 pétales en particulier. A gauche: Paire de vases à décor de coq et de poule (commande de la Maison impériale, 1890).

      Toujours de Sosuke les plats, à droite: Plat à décor d'après un dessin de Watanabe Seitei (1890),et Plat à décor de souris et raisin (1900). Trop mignonne, la souris...
          Une autre figure très marquante de l'époque est celle de
Kawanabe Kyosai  (1831/1889) qui fût, « un individualiste et un indépendant, peut-être le dernier virtuose de la peinture japonaise traditionnelle », le plus grand successeur de Hokusai dont il ne fût cependant pas l'élève. Caricaturiste et estampiste, il nous donne (à gauche) une représentation bien étrange d'un Sakyamuni assis sur un rocher  (1876), l'air grognon, pourvu d'une barbe qui hésite entre Jésus-Christ et Mahomet....

      A droite, L'immortel taoïste au panier de fruits (1875), avec ce sens aigu du pittoresque et de la vie, comme dans ce rouleau (à gauche), qui nous montre un personnage aux prises avec des flots déchaînés.... ou ce Recueil factice d'estampes Histoires étranges du Japon, à droite.

 

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