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Une analyse critique de films, livres, opéras et expositions de peinture

YOKAINOSHIMA, ESPRITS DU JAPON, AU MUSEE DES CONFLUENCES DE LYON. 2 LES OBJETS DU MUSEE

          Le but de l'exposition a donc été de confronter les photographies contemporaines de Charles Fréger avec les collections japonaises du musée.
         Les collections japonaises du Musée des Confluences sont le fruit de quatre fonds qui se sont constitués dans le courant du 19e siècle : celui du muséum d’Histoire naturelle, celui du musée Guimet de Lyon, les dépôts du musée des arts asiatiques – Guimet à Paris et le dépôt des Œuvres Pontificales Missionnaires à Lyon.

       En 1876, le lyonnais Emile Guimet (1836-1876) réalise un voyage de 3 mois au Japon, dans le cadre d’une mission scientifique portant sur l’étude des religions et financée par le ministère de l’Instruction publique. Il en rapporte une importante collection d’art bouddhique : trois cents peintures, six cents sculptures et mille livres datant des 18e et 19e siècles. Cette collecte d’Émile Guimet est considérée comme étant véritablement à l’origine des collections japonaises du musée.

  

        Au Japon, divinités et êtres surnaturels sont omniprésents. Tout au long de l’année, lors des rites masqués, le port de costumes permet de les invoquer pour demander protection, richesse et bonheur. J'imagine que maintenant, cela fait plutôt partie du folklore que de véritables croyances...

         En haut à gauche, les petites statues en argile représentent le couple formé par Izanagi et sa soeur-épouse Izanami, les créateurs, qui engendrent les îles du Japon et la divinité la plus importante du panthéon shinto, la déesse du soleil, Amaterasu, d'où procède la famille impériale.


         En dessous, sur la même photo, ces mignons petits kitsunés sont les messagers du Dieu du riz, Inari.
 

         De ces divinités, les Kami, il y en a partout, même dans les choses les plus prosaïques.... et on ne les voit pas!
         On ne les voit pas, alors on va les prier dans les temples shintô, passant sous le tori, portail sacré qui marque l'entrée du sanctuaire; on voit sur cette estampe d'Hiroshige, Les 53 stations du Tokaidô, station 11, Brume du matin, des pèlerins se préparant à franchir le tori.

 

         C'est le moine Daruma, ou Bodhidharma, qui aurait introduit en Chine les techniques de méditation à l'origine du bouddhisme zen.A force de méditer, il aurait perdu ses bras et ses jambes.... d'où l'utilisation comme porte bonheur de ces espèces de petits culbutos rigolos, à gauche.
         

En fait, bouddhisme et shintôisme se sont mariés pour donner naissance aux sept dieux du bonheur: richesse, prospérité, abondance, fécondité, santé, sagesse et longévité. Bon, c'est clair, ils avaient bien compris qu'il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade..
 

       Regardez, à droite, comme il est épanoui le grassouillet avec son poisson.. C'est Ebisu, dieu des pêcheurs, avec une canne à pèche et une grande dorade. Effectivement, l'animal est de belle taille... Le même, sous forme de petite statue, en face.
         A droite, c'est Hotei, divinité du bonheur et du contentement.


 

       Pour se faire entendre de la divinité, on dépose à ses pieds une plaquette votive en bois peint, au dos de laquelle on écrit son voeu.... parmi les plaquettes représentées à gauche, vous retrouvez notre préféré, le Maneki neko
         Parmi les nombreux monstres, nous avons l'Oni, doté de cornes et de crocs, vêtu d'un pagne de fourrure; tous les ans, le 3 février, ils viennent parmi les hommes pour en croquer quelques uns. Les Tegus ont un long nez et peuvent faire le mal: maladies, guerres... ou soigner.

        Et puis, il y a les fantômes! Sur ceux là, on en connait un rayon grâce à l'épatante expo du Quai Branly, l'an passé. Lorsqu'une personne est morte de mort violente, et que les rites funéraires n'ont pas été effectués, elle ne peut quitter le monde des vivants! Vous reconnaissez, à gauche, Le fantôme de Kohada dû à Hokusai

   A gauche et à droite, trois images sont extraites d'un très long rouleau de papier, réalisé au XIXème siècle à partir d'une oeuvre du XVème, La procession nocturne des cent démons. Ils sont horribles à souhait....

        Alors, pour faire plaisir à toutes ces divinités, on fait des fêtes, des spectacles qui se déroulent dans des espaces rituels,, des danses, les danseurs incarnent les kami, tout cela sert d'exorcisme. Il y a la danse du lion: pourtant, jamais lion n'a vécu au Japon... Oui, ce sont ces bizarroïdes chien-lions qui, par paires, gardent les temples...

        Car il ne faut pas oublier les animaux, en particulier les cerfs qui sont les montures des divinités, les singes, représentés sur les masques, à gauche.
         Et notre préféré, bien sûr, le petit farceur, le Tanuki....

Le voilà, à droite, en vrai, et empaillé: le chien vivérin.

Il est trop  mignon, non? Il ne ressemble pas du tout à un chien, mais à quelque chose entre un ours et une loutre...

On le représente en général avec un chapeau de paille et une gourde de saké.... c'est alors un esprit de la forêt, capable de se transformer, par exemple en homme.... et de faire grossir, grossir..... ses testicules. Bon!
        Je termine avec ces petites amulettes, dont je ne sais plus très bien la provenance.

        Car il est bien là, le problème: elle est tellement riche, cette petite expo, bien qu'elle soit installée dans un endroit relativement limité, qu'il faudrait vraiment y passer une journée pour en profiter pleinement. Moi, j'en suis sortie avec la tête.... comme une citrouille. Mais on a jusqu'en août 2019 pour y retourner!

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