Une analyse critique de films, livres, opéras et expositions de peinture
21 Mai 2026
Une demi déception que ce film. Je n'ai pas retrouvé mon enthousiasme suivant El Reino ou As Bestias. Précisément: Sorogoyen est formidable pour parler de politique, de sociologie... Est il aussi bon dans le registre plus intime des relations familiales? Je n'en suis pas certaine.
Ce qui est par contre certain, c'est qu'on assiste à une formidable prestation d'acteur de Javier Bardem. On sait depuis Chigurh qu'il peut tout...
Esteban Martínez revient en Espagne, après une très longue absence où sa brillante carrière professionnelle s'est déroulée ailleurs, pour tourner son nouveau film qui; d'après lui, ne saurait être mis en scène qu'à Fuerteventura -les paysages sont hallucinants!. Il traîne, à vrai dire, une assez sale réputation. Ivrogne, bagarreur, toujours prêt à faire le coup de poing quand on le contredit. Mais il s'est calmé, il aune jeune femme, deux petits garçons...
Il offre le rôle principal à une jeune actrice qui, pour le moment, rame, sa fille oubliée, Emilia, (Victoria Luengo). qu’il n’a pas vue depuis treize ans. [Oui, bien sûr, vous pensez à Valeurs Sentimentales, mais le traitement est tellement différent..] La jeune femme accepte -pour sa carrière, c'est un bond en avant-, et, sans que cela soit très clair, sans doute a t-elle une certaine curiosité pour découvrir de près cet homme, qui pour elle, n'est rien. Mais les motivations d'Esteban sont encore moins claires. Pourquoi a t-il de la revoir, cette progéniture oubliée? Curiosité, là encore? Ou envie réelle de refaire famille maintenant qu'il est à nouveau père?? Le spectateur se fera son idée, en fonction de son ressenti.. Le film traînouille, jusqu'à une formidable scène qui restera d'anthologie, où le maestro mal luné s'en prend aux acteurs qui interprètent un grand repas familial, et n'auraient pas assez de professionnalisme pour déguster avec enthousiasme une soupe de poisson (on devine de gros morceaux de maquereau...) à neuf heures du matin. Les vieux démons de l'Esteban d'avant refont surface, sauf... qu'au lieu de semer la terreur, la rage du metteur en scène déclenche chez les protagonistes une de ces crises de fou-rire déplacées et totalement incontrôlables.
Chigurth est revenu derrière Javier..
A part ça, pourquoi de brefs passages en noir et blanc lorqu'il s'agit de prises de vue très rapprochées?