Une analyse critique de films, livres, opéras et expositions de peinture
8 Septembre 2026
Quel merveilleux moment passé en compagnie des comédiens du Français!
Si j'avais été tentée par le Théâtre, c'aurait été la Comédie Française, au sein d'une troupe qui ressemble à une famille (même si parfois, ça doit fritter...), où l'on peut rester des décennies, jouant un jour un premier rôle, le lendemain une utilité...
Et d'ailleurs dans ce film même, des vedettes jouent des utilités; on voit passer, par exemple, Florence Viala en costumière bavarde et mêle-tout, Guillaume Galienne qui fait un grand numéro en concierge à cheval sur le règlement, tu n'as pas ton badge, bien sur je te connais mais je ne te laisserai pas entrer... et Benjamin Lavernhe ressuscitant le patron des lieux, Molière, avec les bustes duquel on trouve une étonnante ressemblance...
Adeline D'Hermy est Suzanne, qui ne comprend absolument rien aux textes classiques qu'elle est censée interpréter...
Revenons en donc au scénario; Nina (Pauline Clément) est une jeune actrice a qui est confiée la lourde responsabilité de mettre en scène... Macbeth, rien que ça! Et à trois heures de la première, tout part en vrille. L'actrice censée jouer Lady Macbeth est bloquée à Brest par des avaries à la SNCF, l'ex-mari de Nina lui colle le bébé dans les pattes pour partir en province, et Macbeth (Laurent Stocker, excellent), prototype de l'acteur prétentieux, pontifiant et sur de lui, apprend qu'il est cocu.. elle l'aime, sa femme (Marina Hands), mais voilà, elle voudrait se sentir toujours jeune et désirable; à cela, ajoutons McDuff (Julien Frison) qui découvre que son pourpoint est vert, alors qu'il est absolument impossible de porter du vert en scène, voyons!
Et parmi les délirants géniaux qui participent à la débâcle générale, il y a le régisseur grognon, rabat joie et gaffeur, l'irrésistible Christian Hecq -plus sobre que d'habitude, et la merveilleuse doyenne de la troupe, Danièle Lebrun qui porte glorieusement ses 89 automnes; elle a toujours eu pour habitude de fumer un petit pétard avant de rentrer en scène... mais bon, est ce dû à l'âge? il semble que le petit pétard a du mal à passer sans laisser de traces... Bonne journée, chère Danièle, et portez vous toujours bien....
Pour terminer, une confidence: devant une image, j'ai éclaté de rire; cela ne m'était pas arrivé depuis The groove tube (1975, qui reprogrammera ce sommet absolu de la crétinerie de mauvais gout??) Je pense que tous ceux qui ont vu le film comprendront de quoi il s'agit: on ne se méfie jamais trop des représentations de sorcière...
Ce film poursuit tranquillement en quelques points de diffusion sa petite vie mais si vous aimez le théâtre, si vous aimez les acteurs un peu monstres... il ne faut surtout pas le rater!!!