Une analyse critique de films, livres, opéras et expositions de peinture
6 Septembre 2026
Plutôt vacharde, la critique. Mais, dans la mesure où un mauvais film de Ridley Scott est de loin supérieur aux excellents films de... plein de réalisateurs, allons voir...
Alors oui, le film a des défauts évidents.
Il y a des longueurs, surtout dans la première partie; on se lasse des images d'un coucou se faufilant dans le magnifique relief des montagnes du Colorado... Et des images de ruines et de désolation de Denver, ville morte, où Hig, le héros (Jacob Elordi, avec ce qu'il faut d'ambigüité) va s'approvisionner dans les rayons de ce qui reste de supermarchés. Il parait que le film a été tourné en Italie....
Il est hétéroclite. Ou est-on? dans un classique du film post-apocalyptique? Ici c'est un méchant virus qui à détruit les 999 millièmes de l'humanité; une forme de grippe mortelle, et naturellement ce qui en reste, de cette humanité, et ce ne sont pas les meilleurs, s'organise en bandes destructrices. Ou bien, carrément dans un gros film d'épouvante bien balourd?
Lorsqu'arrivent les bandes, façon Mad Max, crânes rasés et tatouages partout, ou bien chevelus à cheval... c'est moins bien que Mad Max; quand à la séquence épouvante balourd, elle arrive là comme un cheveu dans le potage (même si elle est très réussie! Ah, la tronche des envahisseurs!!)
Et pourtant... quand vous sortez vous avez le film plein la tête, et vous êtes sur de ne jamais l'oublier, tout comme, des décennies plus tard, vous vous souvenez des deux protagonistes des Duellistes (Keith Carradine, Harvey Keitel jamais meilleurs) et du duel sur le petit pont sur la Beune, devant le château de Comarques. C'est ça, le génie...
Pour en revenir au film et à son scénario, les survivants donc se réfugient dans des endroit perdus dans les montagnes, pour échapper aux hordes de pillards. Hig se retrouve là en compagnie de Bangley. Josh Brolin est génial dans la peau de ce vieux philosophe (si l'on peut dire), heureux dans cette vie recluse et observateur maniaque de tout ce qui pourrait bouger; sa maxime préférée: tu tires d'abord, tu discutes ensuite. Mais Hig, celui qui pilote, lui, n'est pas heureux; la seule chose qui le rattache à la vie, c'est son chien, Jasper, qu'il offrit tout petit à son épouse alors enceinte.. Et son obsession d'arriver jusqu'à Grand Junction, dont l'émetteur semble fonctionner, pour voir si, quelque part, une humanité "normale" peut encore exister. En voyage, il rencontrera une jeune femme (Margaret Qualley) qui gère une ferme avec son père, Pops, tout aussi aimable vis à vis des visiteurs improvisés que Bangley. C'est Guy Pearce et, décidemment, les vieilles gloires s'en sortent bien! En voilà deux à qui la vieillesse sied à ravir....
Parmi les "gentils" qui ont survécus, il y a toute une petite communauté de Mennonites, qui développent une sorte d'anticorps au virus ce qui vaut, là encore, une fin inattendue et déconcertante. Serait ca à dire que le vieux Ridley, après toute une vie passée à mettre en scène la violence et le mal, se préparerait à une fin bucolique et paisible? En tous cas, malgré ses défauts de conception et son côté hétéroclite, ce film vous accroche et vous retient. Il faut y aller. N'écoutez pas les grincheux.
Qui sait si, à l'instar de Clint Eastwood, Ridley Scott ne va pas lâcher la barre! On ne va pas perdre la même année les deux meilleurs cinéastes de leur génération....